Certaines vocations s'imposent très tôt, avec une évidence presque instinctive. Celle d'Aurélie Buisson en fait partie.
À huit ans, elle sait déjà qu'elle sera avocate. Par conviction, bien plus que par hasard. Défendre, représenter, porter la voix des autres, une ligne directrice qui traversera tout son parcours.
Comprendre le luxe pour mieux le défendre
Lorsque Aurélie intègre Sup de Luxe en 2003, son projet est déjà clair. Issue d'un Master 2 en propriété intellectuelle, elle souhaite comprendre les mécanismes du luxe en profondeur. Son objectif est précis : devenir avocate dans ce secteur.
Sup de Luxe devient alors un levier stratégique. Une formation sectorielle, rare à l'époque, qui lui permet d'appréhender le luxe dans toute sa transversalité par le marketing, la communication, la finance et le droit. Une immersion complète pour mieux comprendre ceux qu'elle souhaite accompagner.
Cette année-là est intense. Elle mène de front l'école du barreau de Paris et sa formation à Sup de Luxe. Un rythme exigeant, qu'elle est la seule de sa promotion à soutenir sans stage, contrainte par un emploi du temps déjà saturé.
Mais c'est aussi là qu'un moment clé se joue.
Sans préparation, à la demande d'un intervenant, elle prend la parole devant sa promotion pour expliquer les enjeux de la contrefaçon. Une première prise de parole improvisée. Un test. Une révélation.
Depuis, elle transmet sans relâche.
Voilà plus de 20 ans qu'elle enseigne à Sup de Luxe, intervenant aujourd'hui dans l'ensemble des programmes, du Bachelor au MBA Executive. Une continuité naturelle, presque évidente, pour celle qui a fait de la transmission un pilier de son parcours.
Défendre la création, accompagner l'innovation
À la sortie de Sup de Luxe, Aurélie rejoint le cabinet d'avocats DDG ancré dans l'univers du luxe. Pendant douze ans, elle y accompagne certaines des plus grandes maisons.
Joaillerie, maroquinerie, mode, elle intervient sur tous les fronts de la propriété intellectuelle. Lutte contre la contrefaçon, saisies en douane, rédaction de contrats, contentieux… Elle évolue au cœur des enjeux juridiques du secteur.
Au-delà des dossiers, une conviction s'ancre profondément : le luxe, malgré sa puissance, reste un secteur vulnérable.
Car derrière les grandes maisons, il y a des créateurs. Et derrière chaque création, un risque.
En 2014, elle rejoint le cabinet ATEM fondé par Isabelle Camus, une autre Alumni qu’elle a rencontrée à Sup de Luxe.
En 2018, elle fait le choix de l'indépendance.
Forte de son expérience auprès des grands groupes, elle met son expertise au service de structures plus petites entrepreneurs, PME et créateurs indépendants. Ceux qui manquent encore de réflexes en matière de protection.
Car tout commence dès le premier jour. Un nom. Un logo. Une idée. Et parfois, une erreur à ce stade coûte des mois, voire des années.
Son rôle : anticiper, sécuriser, accompagner.
Toujours avec la même ligne directrice qui est de protéger la création et permettre à l'innovation d'exister.
Un métier en constante mutation
En plus de 20 ans de carrière, Aurélie a vu son métier profondément évoluer.
D'abord avec l'arrivée du digital, qui a bouleversé l'accès à la création. Par exemple, là où les défilés étaient autrefois réservés à quelques initiés, ils sont aujourd'hui diffusés en temps réel, exposant les créations à une audience mondiale… et aux contrefacteurs.
Puis avec l'émergence de l'intelligence artificielle.
Un nouveau territoire, encore flou juridiquement, qui soulève des questions majeures. À qui appartiennent les droits d'une création générée par une IA ? Peut-on protéger ce qui est entièrement issu d'un processus automatisé ?
Le droit s'adapte, bien plus qu'il anticipe.
Et dans cet environnement mouvant, son rôle reste le même, celui d'apporter de la clarté, du discernement, et sécuriser les décisions.
La transmission comme fil conducteur
S'il fallait résumer le parcours d'Aurélie en une valeur, ce serait la transmission.
Transmettre à ses clients, en les conseillant, en les guidant, en les protégeant.
Transmettre à ses étudiants, en leur donnant les outils pour comprendre et anticiper.
Transmettre aux juges, en portant une conviction, une argumentation, une vision.
Dans chaque situation, elle transmet.
Et toujours avec la même exigence, rendre le droit accessible.
Car pour elle, comprendre est déjà une forme de protection.
Le luxe comme engagement
Pour Aurélie, le luxe va bien au-delà d'une esthétique ou d'une image.
Il repose sur la création, l'innovation, la capacité à se différencier.
Mais cette différenciation est fragile. Elle doit être protégée, encadrée, défendue.
C'est là que réside son engagement.
Elle contribue aux œuvres autrement, en défendant ceux qui les créent.
Une manière, finalement, de participer à la création.
Le conseil d'une alumni
À ceux qui rejoignent aujourd'hui Sup de Luxe, son message est clair :
Profitez de chaque opportunité.
Restez connectés au réseau.
Et soyez conscients de la valeur de cette formation.
Car comme en propriété intellectuelle, il est parfois trop tard pour agir… mais jamais trop tôt pour commencer.
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